Colloque national à Brest « Réparer la nature »

L'exemple des milieux humides

Organisé sur 3 journées par le Conseil départemental du Finistère et le Forum des Marais Atlantiques, avec le soutien de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne, ce colloque réunissait 360 personnes autour de 6 sessions de présentations et d’échanges. Gilles BŒUF, du Muséum National d’Histoire Naturel, en était le Grand Témoin, pour rappeler le rôle essentiel des zones humides pour nos systèmes (régulation sur le climat, le cycle de l’eau et la biodiversité).

« Un évènement majeur au niveau national, de très nombreux acteurs réunis, experts dans des domaines très divers mais tous convergents, une forte mobilisation tant pour proposer des communications que pour participer. »Nathalie SARRABEZOLLES, présidente du Conseil départemental du Finistère.

« L’enjeu autour des zones humides est un enjeu citoyen.» Benoît BITEAU, président du Forum des Marais Atlantiques

Depuis des siècles, les espaces humides ont été modifiés par l’homme. Pendant longtemps, il n’existait pas un droit de protection mais un droit d’assèchement des zones humides qui avait pour
objectifs le gain de terre agricole et la lutte contre l’insalubrité
.

La perception sociale des zones humides a évolué et évolue au fil du temps. On est globalement
passé d’une perception négative, qui est encore parfois d’actualité (peur de la nature, insalubrité,
inutilité) à une perception plus positive (reconnaissance des services écosystémiques, paysages et
cadre de vie). Les zones humides d’aspect naturel sont aujourd’hui vues plus positivement, et cela influe sur la demande sociale quant à l’action publique pour leur préservation et leur restauration.

Les usages et les représentations sociales ont influencé l’évolution des zones humides de par leur
aménagement et leur gestion. Cela pose aujourd’hui la question du point de référence à prendre en
compte pour les projets de restauration.

Fut soulignée l’importance d’avoir une terminologie commune pour une bonne compréhension des problématiques liées à la restauration des zones humides, car ces projets font intervenir de nombreux acteurs n’utilisant pas de prime abord un vocabulaire commun.

La perte d’un usage ou le changement d’état peut parfois être ressenti, à tort, comme une dégradation, et il peut être difficile pour les usagers et les acteurs du territoire d’accepter la démarche de restauration. Des facteurs externes (tempêtes, inondations) peuvent accélérer l’évolution des représentations sociales.

En conclusion, les principaux intervenants ont rappelél’importance, pour faciliter le transfert des connaissances, d’associer les sciences humaines et sociales et de solliciter la recherche pour éclairer le monde de la décision. En découle la nécessité de réserver les financements publics dans une logique anticipative et préventive, plutôt que curative.

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